Aller au contenu

Vendre ses services en freelance : trouver des clients, facturer, être payé

Se déclarer prend une demi-heure et c'est documenté partout. Trouver des clients, fixer un prix qui tienne, envoyer une facture valable et obtenir le paiement le sont beaucoup moins, alors que ce sont ces quatre étapes qui décident si l'activité tient.

Mis à jour le

Des billets en euros et une calculatrice posés sur des documents chiffrés, à côté d’un clavier
Indépendants

Créer son activité est la partie balisée du parcours : la démarche est en ligne, gratuite, et expliquée pas à pas. Ce qui vient ensuite ne l'est pas, et c'est pourtant là que se joue la viabilité. Entre le tarif que vous annoncez et l'argent qui arrive sur votre compte, il y a trois écarts, chacun avec ses propres règles : ce que les cotisations et l'impôt prélèvent, ce qu'une plateforme retient au passage, et le délai que votre client s'autorise. Les deux premiers se calculent. Le troisième est encadré par la loi, et presque personne ne le sait.

Trouver ses premiers clients

Des canaux complémentaires pour aller chercher de la demande quand on démarre sans réseau, rangés du plus rapide au plus durable :

Logo de Fiverr

Fiverr

FreelanceServices

La marketplace mondiale des services freelance : on y vend ses prestations comme on y trouve un prestataire, en design, dev, rédaction ou marketing.

Notre avis : Le chemin le plus court vers un premier client : la demande existe déjà, il n'y a qu'à s'y rendre visible. En échange, une commission sur chaque commande et une relation client qui reste la propriété de la plateforme. Excellent pour démarrer et pour tester des offres, mauvais comme canal unique.

Logo de Malt

Malt

FreelanceMissions

La marketplace française des freelances : un profil, des propositions de missions, devis et factures intégrés, et une assurance responsabilité civile professionnelle sur chaque mission.

Notre avis : L'autre voie, française, et elle fonctionne à l'envers de la précédente : au lieu de publier une prestation à prix affiché, on renseigne un profil et un tarif journalier, et ce sont les entreprises qui sollicitent. Missions plus longues, interlocuteurs français, tarif qui se négocie au lieu de se brader. Le démarrage est plus lent : tant que le profil est vide, personne n'écrit.

Logo de SuperProfile

SuperProfile

CréationLien bio

Créez votre page de lien bio personnalisée pour centraliser tous vos liens et monétiser votre audience.

Notre avis : Une page unique qui rassemble ce que vous vendez, vos tarifs et le moyen de vous payer. C'est la réponse au cas le plus fréquent en prospection sur les réseaux sociaux : on ne dispose que d'un seul lien, et il doit tout faire.

Logo de Buffer

Buffer

Réseaux sociauxPlanification

Planifiez et publiez vos posts sur tous vos réseaux sociaux depuis un seul endroit.

Notre avis : Ce sont les publications régulières qui font venir les demandes entrantes, et la régularité est exactement ce qui lâche dès qu'une mission démarre. Programmer plusieurs semaines à l'avance sur tous les réseaux règle ce problème précis, et lui seul.

Le tarif affiché n'est pas votre revenu

C'est le premier écart, et le plus sous-estimé. Un tarif journalier se compare spontanément à un salaire, alors qu'il faut lui retirer trois choses avant d'obtenir quoi que ce soit de comparable. Les jours non facturés d'abord : prospection, devis, relances, comptabilité, congés et jours creux. Une année de freelance à plein régime se joue autour de quinze jours facturés par mois, pas vingt-deux. Les cotisations sociales ensuite, qui se calculent sur le chiffre d'affaires encaissé et non sur ce qui vous reste. L'impôt sur le revenu enfin, qui arrive après, au barème progressif, et que beaucoup découvrent l'année suivante.

Calculateur freelance

TJM → revenus nets micro-entreprise ou SASU

Ouvrir
Chargement…

Saisissez votre tarif journalier et le nombre de jours réellement facturés par mois : le résultat est le net annuel une fois les cotisations et l'impôt retirés, comparé entre micro-entreprise et société.

L'outil compare les deux régimes parce que l'écart entre eux n'est pas un détail administratif : ce sont deux façons différentes de prélever, et selon le niveau de chiffre d'affaires et la situation familiale, le net final peut basculer de l'un à l'autre. Le choix du statut est traité en détail dans notre article sur le régime auto-entrepreneur ; ce qu'il faut retenir ici, c'est qu'il se décide avec un chiffre sous les yeux, pas sur la réputation d'un régime.

L'outil dit ce qu'il reste, il ne dit pas d'où part le nombre. Un tarif ne se déduit ni du temps qu'on y passe, ni de ce qu'on espère gagner à la fin du mois : il se compare à ce que des prestations équivalentes affichent déjà, et ces montants sont publics, une place de marché affichant ses prix et les profils d'une plateforme de mission leur tarif journalier. Deux précautions rendent la comparaison honnête. À unité égale d'abord : un forfait et un tarif journalier ne mesurent pas la même chose, et les mettre côte à côte fait toujours paraître le second moins cher. Sur du net ensuite, c'est-à-dire après le passage par l'outil ci-dessus, faute de quoi on compare un chiffre d'affaires à un salaire.

Sur une marketplace, le client ne vous appartient pas

C'est le deuxième écart, et son coût visible n'est pas le vrai. La commission prélevée sur chaque commande se lit dans les conditions et s'accepte en connaissance de cause. Ce qui se voit moins : elle s'applique aussi aux commandes suivantes du même client, y compris deux ans plus tard, et les conditions d'utilisation interdisent généralement de sortir la relation de la plateforme, contact direct et paiement compris. Un client trouvé là-bas reste donc un client de la plateforme, pas le vôtre.

Ce n'est pas un argument pour s'en priver, c'est un argument pour ne pas s'y limiter. La règle pratique tient en une phrase : une marketplace sert à démarrer et à absorber les creux, un canal à soi sert à durer. Un canal à soi, c'est une liste de contacts que personne ne peut vous retirer, et une page de vente qui encaisse sans intermédiaire. Les deux se montent en parallèle des premières missions, pas après.

Vendre en direct, sans intermédiaire

Deux briques qui couvrent le même besoin par deux bouts, la vente et l'audience :

Logo de Systeme.io

Systeme.io

MarketingAutomatisation

Plateforme tout-en-un pour créer des tunnels de vente, envoyer des emails et vendre des formations en ligne.

Notre avis : Tunnel de vente, page de paiement, e-mails automatiques et hébergement de formation dans un seul abonnement. L'intérêt principal pour un indépendant est de ne pas assembler quatre services qui se factureront séparément et qu'il faudra faire communiquer.

Logo de Beehiiv

Beehiiv

NewsletterCréation

La plateforme de newsletter préférée des créateurs : envoi, monétisation et croissance en un seul outil.

Notre avis : Une lettre d'information est le seul actif qui reste vôtre quand un réseau social change son algorithme : la liste vous appartient et s'exporte. À monter tôt, parce que sa valeur vient de son ancienneté bien plus que de sa taille.

Vendre au forfait, ou vendre du temps

La même prestation se vend de deux façons, et le choix n'est pas cosmétique : il décide qui porte le risque du temps passé. Au temps passé, une journée de plus est une journée facturée, donc c'est le client qui le porte. Au forfait, le prix est arrêté sur un résultat : si le travail prend le double, vous êtes payé pareil. C'est la contrepartie exacte de son avantage, celui que la section précédente désigne sans le nommer, détacher son revenu de ses heures.

Le forfait mensuel est la forme qui va le plus loin dans ce sens : un nombre de livrables convenu, à prix fixe, chaque mois. Il donne un revenu récurrent d'un côté, un budget prévisible de l'autre, et il supprime la partie la plus coûteuse du métier, qui est de revendre la même chose tous les mois. Il ne tient qu'à deux conditions, et toutes deux s'écrivent dans le devis : le périmètre, c'est-à-dire ce qui est compris et surtout ce qui ne l'est pas, et la règle de révision, c'est-à-dire ce qui se passe quand la demande dépasse ce périmètre. Sans les deux, un forfait mensuel cesse d'être un contrat et devient un abonnement à votre disponibilité.

Une clause peut interdire l'IA, et elle se lit au devis

Une commande peut porter une stipulation sur l'intelligence artificielle, dans un sens ou dans l'autre : soit le livrable doit être produit sans outil génératif, soit son usage doit être déclaré. Rien ne l'interdit, c'est une condition contractuelle comme le délai ou le format de livraison, et elle n'a pas à être motivée. Une fois le devis accepté, elle fait partie de ce que vous devez, au même titre que le contenu lui-même.

Ce que coûte l'oubli est sans commune mesure avec le temps qu'aurait pris la question. Un livrable qui contrevient à une stipulation expresse est une prestation imparfaitement exécutée, et le code civil ouvre alors au client cinq voies, qui se cumulent quand elles ne sont pas incompatibles : suspendre sa propre obligation, donc ne pas payer ; exiger que le travail soit refait ; demander une réduction du prix ; faire annuler le contrat ; réclamer des dommages et intérêts, qui peuvent toujours s'ajouter aux autres. La discussion ne porte alors pas sur la qualité du travail, qui peut être excellente, mais sur le fait que ce n'est pas celui qui a été commandé.

La règle pratique est celle de tout le reste de cet article : poser la question au devis, et écrire la réponse. Un silence n'est ni une permission ni une interdiction, c'est un sujet qui reviendra au pire moment. Et la version « déclarer » se tient presque toujours plus facilement que la version « interdire » : beaucoup de clients ne cherchent pas à écarter l'outil, ils veulent savoir ce qu'ils achètent.

Une facture n'est pas un document libre

Entre professionnels, la facture est obligatoire pour toute prestation, sans seuil. Face à un particulier, elle le devient au-delà de 25 € TTC pour une prestation de services, et en dessous dès que le client la demande. Son contenu n'est pas laissé à votre appréciation : la liste des mentions est fixée par le code de commerce et le code général des impôts. L'enjeu n'est pas seulement le contrôle fiscal, c'est plus immédiat que ça : une facture incomplète offre à un client de mauvaise foi un motif tout prêt pour repousser le paiement.

Ce que votre facture doit porter

  1. 1Un numéro unique, dans une suite continue. Pas de trou, pas de doublon, pas de remise à zéro fantaisiste en cours d'année : la numérotation doit pouvoir se suivre d'un bout à l'autre.
  2. 2L'identité complète des deux parties. Votre nom ou dénomination, votre adresse, votre numéro d'identification à neuf chiffres, et l'identité du client. Le numéro de TVA des deux parties devient obligatoire au-delà de 150 €.
  3. 3Le détail de ce qui est vendu. Nature de la prestation, quantité, prix unitaire hors taxes, total hors taxes et total toutes taxes comprises. « Prestation de services » tout court ne suffit pas.
  4. 4La date d'émission et la date d'échéance du règlement. L'échéance est la date à partir de laquelle tout le reste se compte, pénalités comprises : une facture sans échéance vous prive de votre meilleur levier.
  5. 5Le taux des pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de 40 €. Les deux doivent figurer sur la facture, c'est la loi qui l'impose. Y ajouter les conditions d'escompte, ou la mention « escompte pour paiement anticipé : néant » s'il n'y en a pas.
  6. 6La mention de TVA qui vous concerne. En franchise en base, c'est « TVA non applicable, art. 293 B du code général des impôts », faute de quoi le client peut croire à un oubli et vous demander une facture rectifiée.

Le délai de paiement n'est pas celui que le client décide

C'est le troisième écart, et le seul des trois où la loi est de votre côté sans que vous ayez rien à négocier. Le code de commerce plafonne les délais convenus entre professionnels, et ce plafond s'impose au client quelles que soient ses habitudes internes. « Nous payons à 90 jours » n'est pas une politique d'entreprise, c'est une clause illicite.

Ce qui est prévuDélai maximumÀ compter de
Rien de convenu entre les parties30 joursla réception des marchandises ou la fin de la prestation
Un délai convenu au contrat60 joursla date d'émission de la facture
Un délai de 45 jours fin de mois, expressément stipulé45 jours fin de moisla date d'émission de la facture
Article L441-10 du code de commerce. Le délai de 45 jours fin de mois doit être écrit noir sur blanc au contrat pour être opposable, et ne pas constituer un abus manifeste envers le créancier.

Les pénalités de retard sont dues sans rien réclamer

C'est la phrase la moins connue de tout le dispositif, et elle est dans le texte : les pénalités de retard sont exigibles sans qu'un rappel soit nécessaire. Elles courent dès le lendemain de la date de règlement figurant sur la facture, automatiquement, sans mise en demeure ni relance préalable. À défaut d'un taux prévu au contrat, la loi applique le taux de refinancement de la Banque centrale européenne majoré de dix points, avec un plancher fixé à trois fois le taux d'intérêt légal. Autant dire un taux dissuasif, très au-dessus de ce qu'un découvert coûterait à votre client.

S'y ajoute une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 €, due par facture impayée et non par retard : dix factures en souffrance chez le même client donnent dix indemnités. Elle est due de plein droit, et si vos frais de recouvrement réels dépassent ce montant, vous pouvez en demander le complément sur justificatifs. La contrepartie de cette automaticité est celle du paragraphe précédent : ces deux mentions doivent figurer sur la facture, sinon vous réclamez l'application d'un mécanisme que votre propre document ne rappelle nulle part.

Vérifier le compte bancaire, dans les deux sens

Reste la dernière marche, la plus bête et la plus coûteuse : un numéro de compte erroné sur votre facture. Le virement échoue ou part ailleurs, le client considère qu'il a payé, et la discussion démarre plusieurs semaines plus tard. Un identifiant bancaire international porte une clé de contrôle calculée à partir du reste du numéro : une faute de frappe, un chiffre inversé ou une ligne recopiée de travers la rendent invalide, et la détecter prend deux secondes.

Le sens inverse compte tout autant, et c'est la fraude la plus répandue contre les indépendants comme contre les entreprises : un message qui semble venir d'un fournisseur ou d'un client annonce un changement de coordonnées bancaires. Un contrôle de format ne dit pas à qui appartient un compte, il ne peut donc pas trancher : il indique en revanche le pays et l'établissement, et un compte soudainement domicilié à l'étranger sur une relation ancienne mérite un appel. Un changement de coordonnées se confirme par téléphone, sur un numéro que vous connaissiez déjà, jamais sur celui figurant dans le message.

Vérificateur IBAN

Validez et formatez un IBAN (mod 97)

Ouvrir
Chargement…

Contrôle la clé du numéro de compte, affiche le pays et décompose un identifiant français en code banque, guichet, compte et clé. Tout se calcule dans votre navigateur, rien n'est envoyé ni conservé.

Les trois écarts se referment avec la même habitude, et elle ne coûte rien : écrire les conditions avant de commencer, pas au moment du litige. Un devis accepté qui porte le tarif, le périmètre de ce qui est vendu, l'échéance de paiement, le taux des pénalités, l'indemnité de 40 € et, s'il y en a une, la clause sur l'intelligence artificielle vous donne, le jour où ça coince, un document que le client a signé lui-même. C'est la différence entre relancer et réclamer.

Questions fréquentes

Un client peut-il imposer un délai de paiement de 90 jours ?

Non. Entre professionnels, le délai convenu ne peut pas dépasser 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois s'il est expressément stipulé au contrat. Une clause qui prévoit davantage est illicite et n'a pas à être respectée : le délai légal de 30 jours reprend alors ses droits, et les pénalités courent à partir de là.

Faut-il envoyer une mise en demeure avant de réclamer des pénalités de retard ?

Non, le code de commerce précise que les pénalités sont exigibles sans qu'un rappel soit nécessaire : elles sont dues dès le lendemain de l'échéance, de plein droit, tout comme l'indemnité forfaitaire de recouvrement. La mise en demeure reste utile comme preuve et comme étape avant une procédure, mais elle ne conditionne pas le droit à ces sommes.

Je suis en franchise en base de TVA, suis-je concerné par la facturation électronique ?

Oui. L'administration fiscale répond explicitement que la réforme s'applique à tous les assujettis à la TVA, qu'ils en soient redevables ou non, ce qui inclut les franchisés en base, les micro-entrepreneurs et les auto-entrepreneurs. Vous devez être en mesure de recevoir des factures électroniques au 1er septembre 2026, et d'en émettre au 1er septembre 2027.

Combien de temps ai-je pour réclamer une facture impayée ?

Cinq ans face à un professionnel, deux ans seulement face à un particulier. Le second délai est celui qui piège, parce qu'il est plus court alors que le client est moins averti : une facture émise à un consommateur et laissée de côté plus de deux ans n'est plus recouvrable, même si elle est parfaitement fondée.

Un client peut-il m'interdire d'utiliser l'IA pour son projet ?

Oui, et cela n'a rien d'exceptionnel : c'est une condition contractuelle comme le délai ou le format de livraison, et elle n'a pas à être motivée. Une fois le devis accepté, livrer un travail qui la contredit est une prestation imparfaitement exécutée, ce qui permet au client de suspendre son paiement, d'exiger que le travail soit refait, de demander une réduction du prix, de faire annuler le contrat ou de réclamer des dommages et intérêts. Le réflexe utile est de poser la question au devis et d'écrire la réponse, y compris quand elle est permissive.

Sources

Les outils de cet article sont gratuits, sans inscription, et tout le calcul se fait dans votre navigateur. Voir tous les outils ou revenir au blog.