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Faux RIB : vérifier un virement avant de l'envoyer

Un changement de coordonnées bancaires annoncé par courriel est le scénario de fraude le plus courant. Une fois le virement parti, la loi considère qu'il a été correctement exécuté : tout se joue avant de valider.

Mis à jour le

Le scénario ne varie presque jamais. Une facture arrive, ou un message annonce que le fournisseur, l'artisan, le bailleur ou le notaire a changé de banque, avec un relevé d'identité bancaire en pièce jointe. Le message reprend le bon logo, la bonne signature, parfois la vraie adresse d'expédition, parce que la boîte a été piratée. Ce qui rend cette fraude coûteuse n'est pas sa sophistication, c'est qu'elle est presque sans retour : votre banque ne répond pas d'un virement que vous avez vous-même validé. Tout se joue avant de cliquer.

Les quatre vérifications, avant de valider

  1. 1Traiter tout changement de coordonnées bancaires comme suspect, sans exception et quelle que soit la qualité du message.
  2. 2Rappeler le bénéficiaire, au numéro que vous aviez déjà. Jamais celui du message, ni celui du nouveau relevé : s'ils sont faux, ils vous mettent en relation avec l'escroc, qui confirmera. Le numéro doit venir d'un devis antérieur, d'un contrat ou du site officiel.
  3. 3Vérifier que l'IBAN est cohérent : les deux chiffres qui suivent le code pays sont une clé calculée sur le reste du numéro, et elle se recalcule hors ligne.
  4. 4Lire ce que la banque affiche au moment de valider : depuis octobre 2025, elle compare le nom saisi au titulaire réel du compte.

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La clé se recalcule dans votre navigateur : l'IBAN saisi n'est transmis à aucun service.

Une clé d'IBAN valide ne dit rien du titulaire du compte

C'est la limite de tous les numéros à clé, et la confondre avec une garantie est l'erreur qui coûte cher. Le contrôle est purement arithmétique : il vérifie que le numéro est bien formé. Or l'IBAN d'un escroc est un IBAN parfaitement réel, ouvert dans une vraie banque, souvent au nom d'une mule recrutée pour l'occasion : il passe le test sans difficulté. La clé sert à écarter une faute de recopie, pas une fraude. C'est exactement la même frontière que pour un numéro d'entreprise, où la clé du SIRET ne dit pas si la société existe encore (vérifier une entreprise avant de signer).

Depuis octobre 2025, la banque compare le nom et le compte

Depuis le 9 octobre 2025, un règlement européen impose à tous les prestataires de la zone euro un service de vérification du bénéficiaire : au moment où vous préparez un virement, votre banque interroge celle du bénéficiaire et compare le nom que vous avez saisi au titulaire réel du compte. Le service est gratuit, il s'applique aux virements classiques comme instantanés, et il n'y a rien à activer.

Le dispositif informe, il ne bloque pas : vous restez libre de valider malgré un avertissement. C'est voulu, et c'est aussi ce qui déplace la responsabilité, puisque passer outre un message annonçant que le nom ne correspondait pas devient difficile à défendre ensuite.

Ce que dit la loi une fois le virement parti

Cela ne veut pas dire que la banque n'a rien à faire. Le même texte l'oblige à s'efforcer de récupérer les fonds, et celle du bénéficiaire doit lui communiquer les informations utiles à cette récupération. Des frais de recouvrement peuvent vous être facturés si votre convention de compte le prévoit. C'est peu, et c'est la raison pour laquelle la seule vraie protection reste le coup de téléphone passé avant.

La première heure compte plus que tout le reste

Si le virement est déjà parti

  1. 1Appeler la banque tout de suite et demander le rappel du virement. Il n'y a pas de délai réglementaire : ce qui décide est de savoir si les fonds sont encore là, et ils en repartent souvent en quelques heures.
  2. 2Demander une confirmation écrite de la démarche, par message sécurisé depuis l'espace client. Elle servira si le dossier s'enlise.
  3. 3Déposer plainte. Le procès-verbal est réclamé par la banque, et par l'assurance si le contrat couvre ce risque.
  4. 4Signaler les faits, ce qui est distinct de la plainte et se fait en parallèle.
  5. 5Saisir le médiateur bancaire si la banque refuse toute suite : la saisine est gratuite et suspend les délais.

Où signaler

Le signalement ne remplace pas la plainte, il la complète :

Logo de PHAROS

PHAROS

Service publicSignalement

La plateforme du ministère de l'Intérieur pour signaler un contenu illicite croisé en ligne : menaces, incitation à la haine, injures, atteintes aux mineurs ou apologie du terrorisme. Un signalement n'est pas une plainte, et l'urgence reste le 17.

Notre avis : Le portail officiel de signalement des contenus et comportements illicites en ligne, tenu par l'Office anti-cybercriminalité. C'est là que se signalent le site frauduleux, l'adresse d'expédition usurpée ou l'annonce qui a servi d'appât. Le signalement est anonyme et ne vaut pas dépôt de plainte : les deux se font en parallèle.

Questions fréquentes

La vérification du bénéficiaire a dit « correspondance exacte », suis-je protégé ?

Elle confirme que le nom saisi correspond au titulaire du compte, ce qui écarte le faux RIB glissé dans une facture. Elle ne dit rien de la personne elle-même : si vous avez été convaincu de payer une entreprise qui n'existe pas ou qui ne livrera jamais, le compte lui appartient bel et bien et la vérification sera verte. Elle protège de l'usurpation d'identifiant, pas de l'escroquerie au contrat.

Et si je paie un particulier, ou une entreprise hors zone euro ?

Le service ne couvre que les prestataires de la zone euro, et il fonctionne aussi bien pour un particulier que pour une entreprise. Hors zone euro, il n'y a pas de vérification du nom : le seul contrôle disponible reste la cohérence du numéro, et l'appel téléphonique au bénéficiaire redevient la seule protection sérieuse.

Mon fournisseur me dit qu'il n'a jamais envoyé ce message, dois-je payer une deuxième fois ?

En principe oui, et c'est ce qui rend cette fraude si dure : payer le mauvais compte n'éteint pas la dette envers le vrai créancier. La discussion porte alors sur le partage des responsabilités, notamment si la boîte de messagerie piratée était la sienne. C'est typiquement le genre de litige que le médiateur bancaire, puis le juge, tranchent au cas par cas.

Sources

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