Batch cooking : cuisiner une fois pour la semaine
Cuisiner le dimanche pour ne plus y penser du lundi au vendredi, c'est la promesse. La contrainte que personne ne mentionne tient en un chiffre : un plat cuisiné maison se conserve trois jours au réfrigérateur, pas sept. Tout le reste en découle.
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Le batch cooking consiste à cuisiner en une seule fois ce qu'on mangera pendant plusieurs jours, pour ne plus avoir à décider quoi préparer chaque soir. La méthode marche, et elle fait gagner beaucoup plus de temps que ne le laisse croire le calcul naïf : ce qu'on économise n'est pas la cuisson, c'est le nombre de fois où l'on sort les planches, où l'on préchauffe et où l'on fait la vaisselle. Mais elle se heurte à une limite rarement écrite noir sur blanc, alors qu'elle décide de tout le reste : les recommandations sanitaires françaises donnent trois jours de réfrigérateur à un plat cuisiné maison. Une session du dimanche ne couvre donc pas la semaine, sauf à congeler la moitié de ce qu'on a préparé.
Six services pour trouver les recettes et remplir le panier
Deux façons de s'organiser, selon l'endroit où l'on bloque. Si c'est le choix des recettes et le calcul des quantités, ce sont les trois premiers. Si c'est le temps passé en magasin, ce sont les trois autres. Aucun ne remplace la partie qui suit, qui ne dépend d'aucun service.
Jow
Choisissez vos recettes de la semaine, Jow calcule les quantités et remplit automatiquement votre panier de courses en ligne chez votre enseigne.
Notre avis : Le plus proche de ce que demande le batch cooking : on choisit ses recettes de la semaine, l'application calcule les quantités, fusionne les ingrédients communs et remplit le panier de courses en ligne de l'enseigne choisie, sans rien ressaisir.
Marmiton
La plus grande base de recettes françaises, notées et commentées par des millions de cuisiniers, avec liste de courses et menus de la semaine.
Notre avis : La plus grande base de recettes françaises, et sa vraie valeur est dans les commentaires : ce sont eux qui signalent la cuisson trop courte ou le sucre à diviser par deux. Le moteur cherche aussi par ingrédients disponibles et par temps de préparation.
SuperCook
Renseignez les ingrédients présents dans votre frigo et découvrez instantanément des milliers de recettes réalisables.
Notre avis : L'outil du vendredi soir, quand il reste des ingrédients épars. On coche ce qu'on a dans un garde-manger classé par rayons, et le site affiche les recettes réalisables sans rien acheter, en ne supposant chez vous que du sel, du poivre et de l'eau.
HelloFresh
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Notre avis : L'option pour qui veut cuisiner sans planifier : les ingrédients arrivent pré-dosés avec leur fiche recette. C'est l'inverse du batch cooking, sur la même intention, et l'abonnement se saute ou se résilie sans engagement.
PicNic
Le supermarché en ligne qui livre gratuitement à des créneaux précis (disponible selon région).
Notre avis : Un supermarché en ligne qui livre sans frais de livraison, en regroupant les commandes d'un quartier par tournées sur des créneaux fixes. Utile quand la session de cuisine est calée un jour précis. La couverture dépend encore des régions.
La Belle Vie
Livraison de courses express à Paris et en Île-de-France avec un grand choix de produits frais.
Notre avis : Pour les Franciliens : livraison de courses à Paris et en Île-de-France, avec un choix large en frais et des créneaux souvent disponibles le jour même, ce qui permet de cuisiner le jour où l'on reçoit les produits.
Trois jours au réfrigérateur, pas sept
C'est le chiffre qui manque à presque tous les articles sur le sujet. Le guide de conservation de Manger Bouger demande de consommer un plat préparé « le plus rapidement possible (dans les 3 jours) », et le ministère de l'Agriculture écrit la même chose pour les plats préparés et les aliments très périssables. Trois jours, pas cinq, et le décompte part de la cuisson, pas du premier repas. Une session du dimanche couvre donc lundi, mardi et mercredi. Au-delà, il faut congeler, et congeler le jour même plutôt que le mercredi : mettre au congélateur un plat qui a déjà passé trois jours au frais ne remet aucun compteur à zéro, cela ne fait que figer ce qu'il est devenu.
La conséquence pratique est une règle de répartition, pas une contrainte : on décide à l'avance ce qui se mange et ce qui se congèle, et on portionne avant de ranger, pas au moment de réchauffer. Un grand plat sorti puis remis au froid subit deux fois la remontée en température, là où six barquettes individuelles n'en subissent qu'une chacune. C'est aussi ce qui rend la congélation utilisable : un bloc de deux litres met une nuit à décongeler, une barquette d'une portion se réchauffe directement.
Planifier la semaine avant d'acheter, pas l'inverse
L'erreur qui coûte le plus cher n'est pas de mal cuisiner, c'est d'acheter avant d'avoir décidé. On rapporte alors des ingrédients qui vont dans quatre recettes différentes, dont trois ne seront pas faites, et la semaine finit comme elle aurait fini sans plan. L'ordre qui marche est l'inverse : poser les repas de la semaine, en déduire les ingrédients, et n'acheter qu'après. C'est aussi ce qui permet de faire se recouper les recettes, seul vrai levier du batch cooking : un même légume rôti sert de garniture lundi et de base de soupe mercredi, une même cuisson de céréales alimente deux plats différents.
Une grille de semaine suffit, et elle rend un service que la mémoire ne rend pas : elle montre les trous. Trois dîners identiques d'affilée ou un jeudi vide se voient d'un coup d'œil sur une grille, jamais dans une liste.
Planificateur de repas
Planifiez les repas de la semaine
Cliquez sur une case pour saisir un repas. Le plus utile est de commencer par les contraintes, c'est-à-dire les soirs où vous ne cuisinerez pas, puis de placer autour ce que la session du week-end doit produire.
Multiplier une recette ne veut pas dire multiplier tous les nombres
Une recette pour quatre passée à douze, c'est la moitié du travail de préparation d'une session. Les quantités d'ingrédients, elles, se multiplient bien par trois : c'est une simple règle de proportion, mais faite de tête sur douze lignes, sur des quantités qui ne tombent pas juste, elle produit une erreur par recette en moyenne.
Calculateur de portions
Adaptez une recette pour N personnes
Indiquez le nombre de personnes de la recette d'origine, puis celui que vous visez, et saisissez les ingrédients : chaque ligne affiche la quantité adaptée, et le facteur est rappelé en bas.
Reste ce qui ne suit pas le facteur, et c'est là que les triplements ratent. Le temps de cuisson ne se multiplie pas : il dépend de l'épaisseur de ce qui cuit, pas de la masse totale. Un gratin trois fois plus grand mais de même hauteur cuit dans le même temps ; le même volume dans un plat plus profond met beaucoup plus longtemps, et brûle en surface avant d'être chaud au centre. Le contenant non plus : trois fois les ingrédients dans la même poêle ne saisissent pas, ils rendent leur eau et bouillent. Mieux vaut deux fournées qu'un plat surchargé. Le sel et les épices, enfin, se multiplient rarement à l'identique : les tripler d'emblée donne souvent trop, alors qu'on peut toujours en rajouter.
Les recettes en « cups », et le piège de la pinte
Beaucoup de recettes trouvées en ligne comptent en tasses et en cuillères, et ces unités mesurent un volume quand une balance mesure une masse. La conversion n'est donc pas une constante : une tasse de farine et une tasse de miel occupent le même volume et ne pèsent pas du tout la même chose. La tasse de référence des recettes américaines vaut 240 ml, la cuillère à soupe 15 ml et la cuillère à café 5 ml, valeurs fixées par la réglementation fédérale sur l'étiquetage. Méfiance en revanche devant les tableaux qui donnent 250 ml pour une tasse : c'est la tasse métrique australienne. Sur une tasse l'écart est négligeable, sur six tasses de farine il fait presque une tasse entière.
Le piège le plus coûteux est ailleurs, dans les recettes britanniques : la pinte n'y est pas la pinte américaine. Le Weights and Measures Act la fixe à 0,568 261 25 décimètre cube, soit 568 ml, contre 473 ml de l'autre côté de l'Atlantique. Une crème anglaise dont on aurait converti la pinte au mauvais taux perd 20 % de son lait.
Mesures culinaires
Cups, tbsp, tsp, oz → ml et grammes
Choisissez l'unité, puis l'ingrédient : le résultat donne le volume en millilitres et la masse en grammes, la conversion en grammes dépendant de la densité de l'ingrédient. Les équivalences en bas sont celles du système américain.
| Étape | Ce qui coince | Ce qu’on fait |
|---|---|---|
| Planifier | Acheter avant d’avoir décidé les repas | Poser la semaine, puis en déduire la liste |
| Doser | Une recette triplée de tête, une erreur par recette | Appliquer le facteur ligne par ligne |
| Cuire | Temps de cuisson multiplié comme les quantités | Garder la même épaisseur, quitte à faire deux fournées |
| Refroidir | Une marmite qui tiédit des heures sur le plan de travail | Portionner tout de suite, au froid en moins de 2 heures |
| Conserver | Une session censée couvrir sept jours | Trois jours au frais, le reste au congélateur le jour même |
Questions fréquentes
Combien de temps se conserve un plat cuisiné maison au réfrigérateur ?
Trois jours. Le guide de conservation de Manger Bouger demande de consommer un plat préparé le plus rapidement possible, dans les 3 jours, et le ministère de l'Agriculture donne le même délai pour les plats préparés et les aliments très périssables. Le décompte part de la cuisson et non du premier repas, ce qui veut dire qu'une session du dimanche couvre lundi, mardi et mercredi. Pour aller au-delà, il faut congeler, et le faire le jour de la cuisson.
Peut-on mettre un plat encore chaud au réfrigérateur ?
Le repère officiel porte sur l'autre bout du problème : Manger Bouger demande de ne pas laisser refroidir les restes de plats chauds plus de 2 heures à température ambiante. Une grande marmite ne tient pas ce délai toute seule, d'où l'intérêt de répartir tout de suite en petits contenants, qui refroidissent beaucoup plus vite. Il faut aussi éviter de remplir la zone froide d'un coup de plats tièdes, puisqu'elle doit rester à 4 °C au maximum.
Comment adapter une recette prévue pour un autre nombre de personnes ?
Les quantités d'ingrédients se multiplient par le rapport entre le nombre de personnes visé et celui de la recette d'origine. Trois choses échappent à ce facteur. Le temps de cuisson d'abord, qui dépend de l'épaisseur et non de la masse totale. Le contenant ensuite, une poêle surchargée faisant bouillir au lieu de saisir. Le sel et les épices enfin, qu'il vaut mieux augmenter progressivement puisqu'on peut toujours en ajouter, jamais en retirer.
Sources
- Manger Bouger (Santé publique France) : petit guide de la conservation des aliments et règles d’hygiène
- Ministère de l’Agriculture : sécurité sanitaire des aliments, tout sur la chaîne du froid
- 21 CFR 101.9(b)(5)(viii) : équivalences métriques de la cup, de la tablespoon et de la teaspoon
- Weights and Measures Act 1985, annexe 1 : définition britannique de la pinte
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